Pourquoi les Américains posent-ils de la moquette partout et elle est toujours propre, alors qu’ils portent des chaussures de ville à la maison ?

Une blague sur le sujet, en guise d’introduction :

Un contremaître arrive sur un chantier, regarde le sol et se prend la tête :

  • Vous êtes fou ? C’est quoi ces fissures dans le sol ?!
  • Mais il sera recouvert de moquette de toute façon.
  • Et si ce n’est pas le cas ?!
  • Vous êtes fou de laisser de telles fissures ?

Si vous observez attentivement l’intérieur des maisons américaines sur la photo, vous remarquerez un détail curieux : leurs sols sont entièrement recouverts de moquette.
D’un mur à l’autre, et enfoncée par des plinthes, elle est impossible à arracher.

La moquette a une histoire.

Lorsqu’un Américain du nom de Cobble l’a inventée en 1951, personne n’en avait besoin.

Le matériau prenait la poussière sur le côté jusqu’à ce qu’il soit activement promu.
Les commandes gouvernementales et la publicité ont fait leur effet, et c’est parti.
Aujourd’hui, la moquette recouvre le sol d’environ 90 % des foyers américains.
Production : des centaines de millions de mètres carrés par an.

Voilà une idée « ratée ».

La moquette est apparue dans notre pays dans les années 90 et est devenue le symbole d’une rénovation européenne prospère.
Elle a remplacé les moquettes sur les murs, les tapis et les moquettes.
On l’importait de partout : de France, des États-Unis, de Pologne, de Belgique, pour tous les budgets.

Considérée comme un signe de richesse, elle était perçue avec ironie par nos voisins occidentaux.
Les vieux tapis soviétiques étaient plus chers et plus précieux, et nous les avons jetés en masse au profit de nouveaux articles à la mode, « bon marché ».

Paradoxe.

Au fil des ans, nous avons compris que la moquette n’était pas une véritable aubaine. Elle se salit facilement, se froisse, est difficile à nettoyer, accumule la poussière et favorise les allergies. Les médecins mettent en garde : si un enfant a des problèmes respiratoires, la moquette est le premier ennemi.

Dans certains pays européens, elle a presque totalement disparu. La raison en est les effets nocifs des moquettes à poils longs sur la santé.

Et aux États-Unis ?
Et aux États-Unis, la moquette est toujours utilisée. Les Américains continuent d’en recouvrir tout, du premier au deuxième étage.
Et la santé, semble-t-il, n’est pas une priorité ici.

Beaucoup disent : « C’est propre là-bas. Pas de poussière, pas de saleté, tout est stérile.»
Tiens, tiens. Dites-le ailleurs.

Les photos de maisons dans les magazines sur papier glacé n’ont rien à voir avec la réalité.
Les moquettes des Américains pauvres perdent souvent leur couleur, se couvrent d’un brillant gras et deviennent collantes.
Quand on marche dessus, on glisse comme sur un torchon.
Mais sur la photo, tout brille. La magie du marketing.

Les riches, bien sûr, choisissent le parquet, le stratifié, la pierre.
Mais dans 90 % des maisons ordinaires, il y a de la moquette, parfois déjà tachée.
Et ils marchent dessus en chaussures de ville.

Horreur.

Je me souviens de mon camarade de classe. Au début des années 90, un jeune Américain est venu le voir dans le cadre d’un programme.
Il a vécu avec eux pendant un mois.
La famille a préparé l’appartement, lavé l’appartement jusqu’à ce qu’il brille, posé les moquettes et ciré les sols.
Grand-mère Zinaïda Matveïevna a fait un grand ménage, au bord de la crise de nerfs.

Et l’adolescent américain, à peine entré, a marché sur la moquette avec des baskets sales.
Grand-mère l’a regardé avec horreur et a murmuré dans son dos :

  • Barbare… infidèle…

Et personne n’a réussi à la convaincre que « c’est comme ça qu’ils font ». Il y a d’ailleurs trois bonnes raisons à cette « habitude » de marcher sur la moquette en chaussures.

La première est une base différente.
La moquette américaine n’est pas comme la nôtre.
Elle est fabriquée sur un support en bitume ou en latex.
Oui, sur du bitume – en gros, un morceau d’asphalte posé au sol.
Ou du latex naturel, si c’est plus cher.
Une telle base empêche l’humidité et la saleté de pénétrer ; tout reste dessus.

Le deuxième point concerne l’isolation thermique.
Les maisons américaines sont mal isolées.
Il n’y a souvent aucune isolation entre le sous-sol et le rez-de-chaussée.
Le sol est froid, surtout en hiver.
Et la moquette avec sous-couche est une solution économique pour s’isoler.
Même effet au deuxième étage.

Le troisième point concerne le masquage des montants.
Aux États-Unis, la construction est rapide, économique et, franchement, complexe.
Le sol présente des fissures, des déformations et des affaissements.
La moquette masque tout cela, surtout avec une épaisse couche de sous-couche.

Posez-la et c’est magnifique.
Avant même de vendre une maison, il est facile de changer le revêtement, et tout paraît comme neuf.

Autre astuce : aux États-Unis, vous pouvez nettoyer la moquette avec une machine spéciale.
RUGDoctor est un nettoyeur de moquettes industriel.
Vous le louez pour 35 à 50 $, vous ajoutez de la lessive et le sol brille. Pas besoin de vous embêter : faites appel à une entreprise de nettoyage.
Ils s’occuperont de tout pour vous, pour seulement 5 fois plus cher.

En résumé ?
La moquette aux États-Unis est bon marché, pratique, elle cache les imperfections et vous garde au chaud.
Mais la propreté, l’air et la santé sont discutables.
Oui, elle est lavable. Oui, elle couvre les trous. Oui, elle est familière.
Mais personnellement, je suis pour le stratifié, le linoléum et les chaussettes propres.
Et les pantoufles et les chaussures que l’on retire sur le seuil de la porte sont déjà notre fierté culturelle.
Et nous ne serons certainement pas infidèles.

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