J’ai 70 ans. Combien de temps me reste-t-il à vivre ? Comment trouver la force de vivre ? J’ai trouvé cinq réponses à ces questions et à d’autres, et je les partage avec vous.


Tout récemment, je me suis surpris à me demander : combien de temps me reste-t-il ? Quinze ? Dix ? Ou peut-être seulement trois ?
La femme en face de moi se balançait lentement d’avant en arrière, s’essuyant les yeux avec un mouchoir et murmurant quelque chose à voix basse.

Je l’ai regardée et j’ai réalisé que je ne voulais pas vieillir comme ça.
Je ne veux pas vivre dans la peur, en attendant la fin.
J’ai donc décidé qu’il était temps d’agir.
J’ai rassemblé les pensées qui m’ont aidée à sortir de ce piège et j’ai décidé de les partager.

  1. J’ai arrêté de mesurer ma vie en années ; je la compte en jours.
    Avant, je la comptais régulièrement mentalement. J’ai regardé mon âge et je me suis dit : « Me voilà déjà à 70 ans. Puis 75, puis 80… »

Ces chiffres étaient effrayants, oppressants et épuisaient mes forces.
Comme si la vie suivait un compte à rebours constant.

Un jour, j’ai décidé d’arrêter.
Et de commencer à compter non plus les années, mais les jours.
Voici aujourd’hui : je me suis réveillée, j’ai bu un délicieux thé, caressé le chat, appelé ma fille, préparé une soupe.
C’était une belle journée.
Quel âge est important si cette journée est bien remplie ?

Quand on vit dans le mode « un jour, une histoire », l’anxiété disparaît.
On commence à vivre l’instant présent.
Et non plus dans la peur de l’avenir.

  1. J’ai arrêté de lutter contre mon corps et je l’ai accepté comme un allié.
    Avec le temps, le corps change.
    J’ai mal au dos, mes genoux craquent, mes cheveux grisonnent, ma peau perd son élasticité.
    Avant, je me regardais et soupirais : « Je vieillis. »

Mais ensuite, je me suis dit : mon corps ne m’a-t-il pas fidèlement servie pendant tant d’années ?
Il a porté des enfants, porté des sacs, dansé, couru, fait des câlins et souffert.
Il ne m’a pas trahie, même lorsque je n’en prenais pas soin moi-même.

Maintenant, je ne me reproche plus mes rides ou ma fatigue.
J’ai commencé à prendre soin de moi.
Et ce qui est surprenant, c’est que j’ai plus de force.
Parce que je ne gaspille plus d’énergie à me plaindre de moi-même.

  1. J’ai arrêté d’attendre et j’ai commencé à agir moi-même.
    Avant, j’attendais tout le temps :
    que les enfants arrivent, qu’on m’invite à la datcha, qu’on me propose une promenade.
    Comme cela n’arrivait pas, je me taisais, mais intérieurement, j’étais offensée et amère.

Et puis j’ai décidé : arrêtez d’attendre.
Maintenant, je m’appelle, je m’invite : « Viens, j’ai fait une tarte » ou « Allons au marché ensemble ».

Et vous savez, c’est devenu plus facile.
Quand on cesse d’attendre l’initiative des autres et qu’on prend les choses en main, la vie devient épanouissante.
L’important n’est plus « qui est le premier », mais que nous soyons ensemble.

  1. J’ai trouvé mes petites sources de joie
    Quand on a mal au dos et qu’on n’a personne à qui parler, il est difficile de sourire.
    Mais j’ai compris : chacun a besoin de quelque chose de personnel, de personnel.
    Pour moi, c’est la musique et un jardin.

J’écoute mes chansons préférées de ma jeunesse, et c’est comme si je me retrouvais dans le passé.
Je me mets à danser, à me souvenir.
Mon âme se réchauffe.

Et l’été, je fouille dans les plates-bandes.
Non pas pour la récolte, mais pour le processus.
C’est le mouvement, l’air, le soleil.
Et, surtout, le résultat que l’on voit de ses propres yeux.
Et puis les petits-enfants arrivent, je leur offre des pots de confiture – et c’est le bonheur.

  1. J’ai arrêté d’avoir honte de mes faiblesses
    Avant, je m’en voulais de ne pas pouvoir tout faire.
    Quand j’oubliais quelque chose, quand je ne pouvais plus faire le ménage comme je le faisais plus jeune.

J’avais honte d’être devenue plus faible.
J’avais peur de devenir un fardeau.

Mais à un moment donné, j’ai pris du recul et je me suis dit : oui, j’ai changé.
Et ce n’est pas grave.
Ma force n’est pas infinie, et j’ai le droit de me reposer.
Si je suis fatiguée, je peux m’allonger pendant la journée et me reposer.
Et ne pas me culpabiliser.

Quand j’ai arrêté de me reprocher ma fatigue, elle a disparu.
Et avec elle, j’ai eu le sentiment d’être toujours en vie.
Et c’est le plus important.

J’ai maintenant 70 ans.
Je ne sais pas combien il en reste.
Mais je n’ai pas peur.
Parce que je vis.
Je ressens, je vois, je respire, je souris.
Chaque jour, même s’il n’est pas parfait, m’appartient.

❓ Comment gérez-vous la peur de vieillir ? Qu’est-ce qui vous donne la force de continuer à vous réjouir ?

Partagez votre expérience dans les commentaires.
Peut-être que vos mots soutiendront quelqu’un, comme ils m’ont soutenu autrefois.

P.S. : Ce récit est basé sur une lettre d’une lectrice et publié avec sa permission.

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